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L’Argentine et le Soja : le crime passionnel.

Le soja, pour beaucoup d’entre nous, c’est un aliment pas forcément intéressant ni appétissant, que l’on croirait parfois réservé aux boutiques bio et aux allergiques au lait. D’ailleurs, moins de 10% de la production mondiale est destinée à la consommation humaine, et la majorité du soja est transformé en poudre alimentaire pour les animaux ou en huiles et biocarburants… Mais…

Flickr marcosHB

L’or vert

Mais pour l’Argentine, le soja, c’est une toute autre chose : c’est sa corne d’abondance, sa poule aux oeufs d’or. Le pays fait parti des trois principaux producteurs mondiaux avec les Etats-Unis (1ers) et le Brésil (2ème). Or, le gouvernement taxe à hauteur de 20% chaque tonne de soja exportée ! C’est grâce à la culture extensive et l’exportation massive du soja OGM que l’Argentine a pu se remettre de la crise de 2001 dans les années 2000, et se reconstituer une bonne réserve de devises en profitant d’un excédent commercial largement positif.

Mais voilà, développer un modèle économique basé essentiellement sur l’exportation massive de matières premières, c’est comme passer un pacte avec le diable dans ce nouveau monde globalisé : de gros bénéfices immédiats, tout en sachant qu’un jour, il y aura un retour de flamme violent. Avec son énorme volume d’exportation, l’Argentine est très dépendante des cours mondiaux de matières premières, et le cours du soja s’est littéralement effondré ces dernières années : voilà une des principales raisons de la deuxième crise économique qu’est  en train de subir l’Argentine depuis 2001.

Flickr amicor

La « sojatisation du pays »

Aujourd’hui, 64% de la surface cultivable argentine est dédiée au soja, et ce pourcentage continue de grandir ! La rentabilité au mètre carré du soja étant plus grande que celle des pâtures de bétails, l’espace disponible par tête de bétail tend à diminuer et la qualité de la viande s’en trouve fortement affectée, le taux d’Omega 3 étant nettement moins élevé notamment chez les vaches élevées en concentration.

Outre l’ultra-vulnérabilité de l’économie argentine au cours mondial du soja et le problème de la répartition des terres, le soja pose un autre problème de taille : la quasi-totalité de sa production est d’origine OGM. Et les OGM créent des tonnes de complications.

Tout d’abord, le Soja OGM RR (Round Up Ready) de la tristement connue Monsanto (80% du soja cultivé en Argentine) a été spécifiquement conçu pour résister à l´herbicide-insecticide de la marque : le Round Up. Mais sa culture, désormais majoritaire, pousse les propriétaires des champs voisins à adopter ce germe aussi pour ne pas être gêné par le Round Up. De nouvelles espèces de mauvaises herbes résistantes se développent, ce qui poussent à l’utilisation massive de nouveaux herbicides, et l’épandage de Round Up créent de nombreuses complications médicales chez les locaux (malformations, risques de cancer…)

En 2005 est sorti un documentaire français choc sur le soja OGM en Argentine : Argentine, le soja de la faim, plusieurs fois salué. Voici un extrait ci-dessous, si cela peut vous donner envie d’en savoir plus :

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Quel futur ?

Les économistes estiment que les cours à la bourse de Chicago remonteront d’ici la fin de l’année et que cela soulagera significativement l’économie nationale. Mais même dans le scénario le plus positif, les argentins sont bien conscients que cette dépendance au soja et donc à la respiration du monde ne peut pas durer éternellement. Le développement d’une économie industrielle et de services est en cours mais cela prend du temps, et l’Argentine restera dépendante de son secteur primaire pendant encore quelques années.

Au 30 Avril 2014, la tonne de soja se négociait 560 dollars à la bourse de Chicago. Seulement 5 mois plus tard, le 30 Septembre 2014, elle était à 335 dollars, soit une baisse de près de 70%. Conséquence : toute l’industrie du soja tourne au ralenti depuis quelques mois, les producteurs vendent le minimum de leur production, juste de quoi survivre, et gardent leurs stocks pour des jours meilleurs. De manière générale, dans les régions dédiées au soja, tout le monde est affecté : les magasins, les restaurants, les vendeurs de camion : tout se fige, les gens ne travaillent plus qu’un jour sur quatre… Les conséquences sont nombreuses et lourdes, pour les hispanophones je conseille la lecture de cette article de la Nación qui les détaille.

Voilà, en quelques mots, la situation actuelle de l’Argentine avec le soja. Un élément chérit pour la richesse qu’il apporte au pays, mais aussi détesté sous bien des aspects…

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Le gaucho argentin : portrait, description, histoire, mythe et culture

Portrait d’un gaucho

La vie équestre, l’alimentation carnivore, les rudes intempéries, les vents toniques de l’océan et de la Pampa l’ont façonné maigre, dur et agile.
Le désert et la solitude l’ont fait taciturne et silencieux.
La liberté et l’abondance l’ont fait hautain mais hospitalier et loyal.
Du conquistador il aura reçu le cheval et la guitare.
De l’indien, le poncho, le bandeau, le maté et les boleadoras.
Son langage mélange l’espagnol archaïque à des éléments indigènes auxquels s’ajoutent quelques notes portugaises et africaines.

Une belle vue sur le facon (le couteau) accroché à l’arrière de la ceinture du gaucho

Le gaucho d’hier à aujourd’hui

Tout commence à la fin du XVIIIème siècle dans la Pampa argentine où apparaît la figure du gaucho. À l’origine c’était un métis hispano-indien rejeté par la société. En langue Quechua, huacchu signifiait orphelin ou solitaire.
Il devint alors le symbole de l’homme libre, qui vit en marge de toute légalité et qui se moque des conventions. Certains vivaient parfois du banditisme, comme l’histoire de la ville de Tandil nous le rappelle.

À cette époque, les gauchos étaient souvent des spécialistes, connaissant particulièrement bien leur région si bien que les gens les employaient souvent à des fins particulière, ce qui a donné lieu à des appellations selon les activités des gauchos :

  • Le baquiano était le meilleur guide que vous pouviez trouver. Souvent très solitaire voire sauvage, il connaissaient les moindres recoins de sa région et était, de ce fait, souvent engagé par des militaires.
  • le chasque était le gaucho qui avait la tâche de faire le coursier à travers la pampa. Eh oui, les gauchos étaient également en charge du service postal de l’époque !
  • Le payador était un musicien itinérant. Maître dans l’art de l’improvisation, si un payador en rencontrait un autre, ils se livraient à un duel de payadas, c’est à dire de chant : le payada de contrapunto.
  • Le rastreador était le chasseur par excellence. Capable de comprendre mieux que personne les pistes et les empreintes dans la nature (une sorte d’Aragorn argentin pour les amateurs du Seigneur des Anneaux), il était souvent engagé pour retrouver des animaux ou des personnes disparus.

Quelque soit leur spécialité, les gauchos avaient tous un point commun : Ils étaient des cavaliers extraordinaires.

Aujourd’hui il n’existe plus de vrais gauchos illustrant le mythe de l’homme sombre et solitaire parcourant les grandes plaines argentines. Néanmoins le terme de gaucho désigne toujours le paysan argentin, excellent cavalier, vivant de l’élevage (bovin et ovin) et des activités économiques et culturelles dérivées (consommation de viande et utilisation du cuir). 

Le plus souvent on le distingue par ses vêtements et outils. Il porte généralement une bombacha ( pantalon traditionnel en toile, resserré à la cheville), un tirador (large ceinture) et aussi une boladora (lasso argentin) et un facon ( couteau traditionnel).

Les gauchos et le maté

Bien sûr, la tradition argentine du maté est, en partie, un héritage des gauchos. En effet, ces derniers avaient l’habitude d’en boire ensemble et conviait quiconque les rencontrait à les rejoindre lors de cette cérémonie particulière. Ainsi, la tradition voulait que le maté passe de main en main dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, pour que le temps passé ensemble s’écoule moins vite.

Le maté, véritable tonifiant, aidait les gauchos à tenir face à leur rythme de vie rude et à la froidure de l’hiver. Il est également un symbole de leur hospitalité et de leur fraternité.

Un gaucho buvant son maté

Le mythe du Gaucho

La culture argentine souligne avec beaucoup de force l’image mythique du gaucho de la Pampa. Son rôle dans l’histoire du pays ( acteur de nombreuses guerres d’indépendance et civiles) ainsi que dans la littérature gauchesca ont contribués à édifier cette image.

Comme exemple incontournable, le fameux livre « El Gaucho Martín Fierro » vu comme « la Bible Gaucha ».
Ce poème de José Hernández écrit en 1872-1879 tient son originalité dans sa transcription phonétique du « parlé » des gauchos et la défense de leur cause.
À l’époque les gauchos étaient enrôlés de force dans l’Armée Nationale. Or, obéissant uniquement à son désir de liberté, le héros du poème, Martín Fierro, refuse de se soumettre aux chefs militaires l’obligeant à fuir et à se réfugier dans les terres indigènes.
Grâce à ce texte épique et poétique qui défend la cause gaucho ces derniers cesseront d’être vus comme des personnes anti-sociales et « hors la loi ». Ils auront gagné ainsi leur image de héros national argentin.

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À la Une de Clarín, La Nación et Pagina12 ce 30 octobre– Actualité

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Idées excursions à San Martin de Los Andes

San Martin de Los Andes est le genre d’endroit où tous les citadins argentins rêvent de se relaxer. Ici, les voitures s’arrêtent pour laisser traverser les piétons, les rues sont propres et parfumées par des rosiers et l’architecture ne ressemble en rien aux grands buildings de béton. De plus, c’est une ville sûre où les enfants jouent sur les places en ayant pour unique préoccupation d’éviter les ballons de foot qui s’échangent. De quoi suffire à éveiller l’envie de n’importe quel habitant d’une grande ville du pays.

San Martin de los Andes, située dans la province de Neuquén, s’étale au cœur des plus beaux paysages de Patagonie, devant les rives du lac Lacár – route des sept Lacs - et entourée de montagnes tapissées de forêts, entre lesquelles on peut apercevoir le sommet du Volcan Lanín.

San Martin de los Andes – Flickr maxtdf

Aux mois d’été, les journées se prolongent jusqu’à 22h00, rafraîchissant l´air pour une nuit plus agréable. Au moment où le soleil se couche derrière les eaux du lac Lácar, touristes et résidents retournent au centre-ville. Alors, les bistrots de l’avenue principale de San Martín sortent leurs tables et la ville s´anime. Les artistes, les artisans, les spectacles pour enfants s’installent dans les rues, pendant que les restaurants proposent leur fameux agneau à la braise.

Depuis sa fondation en 1898, San Martín vit au rythme des traditions indiennes mapuches, créoles et européennes : une identité métissée typiquement patagonique. Pendant longtemps, l’attraction principale de la ville était hivernale, avec la station de ski du sommet Chapelco, mais depuis peu, celle-ci est également devenue une destination estivale de premier choix, avec une infinité d’activités pour les amoureux du grand air et les aventuriers.

Ici, retrouvez les meilleures propositions pour visiter cette charmante localité de Neuquen en période estivale.

Les plages

Les plages de San Martín offrent un premier contact avec les eaux cristallines du lac Lácar.
Des bateaux partent toutes les heures entre 10h et 19h et des catamarans traversent le lac jusqu’à Quila Quina, destination favorite des locaux et des visiteurs.
Sur les plages, on peut louer des Kayaks, bateaux et canoës. Par une journée ensoleillée, rien de tel que de naviguer et de faire un petit détour sur un court d’eau de la zone pour plonger dans les eaux pures et profondes du lac Lácar.

Kayak sur le lac Lácar – Flickr Avá

Le mont Chapelco

Les habitués de la station Chapelco en période hivernale seront surpris de l’explosion de tons verts en été.
Profitez des infrastructures de la station pour passer d´incroyables moments au sommet. Découvrez les activités à sensations fortes comme le « bike park ». Les vélos peuvent se louer sur place mais il est aussi possible d’emmener le sien. Les bikers confirmés pourront également expérimenter un circuit assez difficile ouvert exclusivement en été.

Au sommet, vous pourrez également vous amuser au parc de jeux gonflables ou encore glisser sur le toboggan de 800 mètres qui descend le versant de la montagne. L’une des attractions les plus incroyables est le canopy : un parcours de 300 mètres sur une pente qui s’appelle « la pleurnicheuse ». Enfin, les adeptes de paysages de rêve pourront monter à 2000 mètres d’altitude et admirer une vue magnifique sur la région.

Ski sur le mont Chapelco – Flickr Alicia Nijdam-Jones 

Le lac Lolgo

Le lac Lolgo est à peine plus petit que le Lácar, mais bien moins fréquenté par les visiteurs. Il est situé à seulement 12 km de San Martín et compte aussi de très belles plages. Profitez des alentours où sont proposées de très nombreuses balades à cheval passant par les forêts, sentiers et montagnes qui entourent le lac. Ces promenades peuvent se faire sur un ou plusieurs jours, avec campements de nuit, pour découvrir les paysages les plus incroyables de la cordillère de Neuquén.

Trekking

La région possède des circuits de trekking adaptés pour tous types de niveaux, cheminant entre les forêts ou les sentiers côtiers.

Rafting

Le rafting qui se pratique sur le río Aluminé vous réserve les plus fortes sensations de la zone. Côté splendeur, optez pour un parcours rafting proposé au départ de Hua Hum, un site situé sur la rive du lac Nonthué, très proche de la frontière avec le Chili dans le parc national de Lanin. Hua Hum peut être atteint par la route provinciale 48 (gravier) ou en catamaran depuis l’embarcadère de San Martin, car les eaux du lac Nonthué sont reliées au lac Lácar.

Où manger ?

San Martín est un village assez sophistiqué, avec une route de choix: « la route gourmet ». De nombreux bars et restaurants s´alignent sur l’avenue San Martin. Le restaurant Betty est spécialisé dans la fondue savoyarde ou bourguignonne. Plus loin, vous trouverez un petit bistrot qui propose « des plats de la grand-mère » (platos de la abuela) à bon prix. Continuez par la rue Villegas et apparaît alors La Posta Criolla, un lieu idéal pour partager un plat d´agneau croquant. Autre endroit incontournable : La Cava. Sur la route Moreno en face de la place San Martín, la Cava possède une impressionnante sélection de vins de Patagonie (dégustation possible).

En sortant de la ville par la vieille route de Chapelco, vous tomberez sur la maison de thé Arrayán, un site magique, fondé en 1936. Vous pourrez y déguster des picadas (plateau de charcuterie) arrosées d´une bière artisanale Lácar, ainsi que différentes variétés de thés et quelques plats élaborés à base de produits locaux.

San Martín de los Andes – Flickr Avá

L’hôtel boutique La Casa De Eugenia se situe dans l’une des zones les plus agréables du village, près des lacs. Au petit-déjeuner il est possible de profiter de délicieux muffins et gâteaux maison. Cet hôtel est une des maisons les plus anciennes de San Martín et donc un excellent exemple d’architecture traditionnelle. La maison est remplie de meubles anciens et d´objets chargés d’Histoire. Cet hôtel résume assez bien l’esprit de San Martín de los Andes : une combinaison réussie de rustique et de charme.

Cliquez sur la carte pour l’agran­dir (ou consultez-la sur google maps) :

Comment y aller ?

Par la route: 1 518 kms séparent Buenos Aires à San Martin de los Andes. Prenez l’accès Ouest jusqu’à Lújan, puis la route 5 jusqu’à Santa Rosa, le route 35 jusqu’à Padre Buodo,la route 152 jusqu’à Casa de Piedra, la route 6 jusqu’à General Roca, la route 22 jusqu’à Arroyito et les routes 237, 40 et 234.
Au total : 6 péages pour 14.5 pesos. Et beaucoup d’heures de route..
Aerolíneas Argentinas propose des vols depuis Aeroparque jusqu’à Chapelco sans escale ( 2h).
Bus: depuis Retiro jusqu’à Bariloche.

Pour plus d’informations sur la région:

- Site de la province de Neuquén
– Site de San Martin de los Andes


Vous souhaitez découvrir San Martín de los Andes et sa région ou construire un itinéraire sur mesure en Argentine ? Contactez l’Agence Equinoxe, spécialiste de l’Argentine depuis 1990 ! 

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Le 29, c’est le jour des gnocchis en Argentine !

La cuisine argentine est très influencée par la cuisine italienne en raison du grand nombre d’immigrés d’origine italienne dans le pays. L’exemple des gnocchis (ñoquis en argentin) est très révélateur : les argentins en raffolent et ils ont même un jour qui leur est spécialement dédié !

Les 29 de chaque mois en effet, la tradition veut que l’on mange des gnocchis et de nombreux restaurants mettent en avant ce plat dans leurs menus ce jour-là.

Photo : Simenon

L’origine de cette tradition est riche et met en scène plusieurs légendes.

La première explication vient de la culture chrétienne italienne ancienne. Un certain San Pantaleon est le protagoniste de cette légende. Pantaleon était un médecin à Nicomédie au IIIème siècle dont la renommée était si impressionnante que l’empereur romain d’orient Dioclétien en fit son docteur personnel.  Pourtant, un prêtre chrétien parvint à instiller le doute dans l’esprit rationnelle de ce scientifique en lui disant ces mots : « A quoi vous serviront vos connaissances, si vous ignorez la science du salut ? » Très curieux, le médecin promit d’y réfléchir. Il choisira finalement de se convertir après avoir été l’artisan d’une étonnante scène de miracle : Voyageant, il trouve un jour un garçon mort, piqué par une vipère. Pris par la grâce, il parvient à ressusciter le garçon et se met à croire en Dieu. La légende des Ñoquis intervient alors. Suite à sa conversion, Pantaleon décide de partir en pèlerinage à travers les lieux saints de l’Italie du nord. En chemin, il est l’auteur de nombreux miracle mais s’appauvrit également très vite (le voeu de pauvreté est courant chez les saints et martyrs chrétiens). Or, un certain 29 juillet, Pantaleon demande à un paysan de lui donner du pain. Homme au grand coeur, le paysan l’invite plutôt à partager son modeste repas, composé de … Ñoquis ! Touché par la générosité de l’homme, Pantaleon lui promet une année de pêches et de cultures abondantes. Vous connaissez ainsi la première légende à l’origine de cette tradition. Encore aujourd’hui, il est courant de placer quelques billets sous l’assiette en mangeant les gnocchis, rappelant le généreux paysan qui avait accueilli San Pantaleon, cela est sensé porter chance et prospérité. Pour la petite histoire, Pantaleon finira martyr après avoir été dénoncé par des confrères médecins jaloux (les Chrétiens étaient, à l’époque, encore persécutés) puis sera canonisé.

La fameuse tradition est encore respectée ! – emigrantealcuadrado

Passons à présent à la deuxième origine, beaucoup plus terre-à-terre et pragmatique que cette première légende.

Les immigrés italiens arrivés au début du siècle manquaient souvent d’argent à la fin du mois, et comme les gnocchis se font avec quelques pommes de terre, un peu de farine et un ou deux œufs, ce plat était très bon marché et donc adapté aux fins de mois difficiles. La tradition viendrait donc probablement de ces temps difficiles.

Mais une dernière anecdote se cache derrière le mot « ñoqui ». En Argentine, un « ñoqui » signifie également un fonctionnaire. Ce surnom vient de l’idée commune qu’un fonctionnaire ne travaille pas beaucoup, et qu’il ne se manifeste qu’une fois par mois, et généralement le 29 : pour prendre son salaire …

Vous connaissez maintenant l’origine de cette amusante coutume ! N’hésitez donc pas à vous faire un petit resto les 29 du mois, rico y barato assuré ! Bon ap’ !

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À la Une de Clarín, La Nación et Pagina12 ce 29 octobre– Actualité

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Tango : Une danse multiculturelle !

Au XIXe siècle c’est dans les bas-fonds de Buenos Aires que le Tango voit le jour. Son essence naît dans les maisons closes où il est destiné à faire patienter les clients! Populaire le Tango est une danse qui se destine à l’époque à la gente masculine car au temps de la colonisation européenne, la vague d’immigration est majoritairement constituée d’hommes venus faire fortune sur les terres argentines.

La sensualité du tango : dark-mephi

Le tango : un genre musical original

Il est très difficile de dater l’apparition du tango. L’appellation de tango comme véritable genre musicale apparaît au XIXème siècle mais la musique existait déjà bien avant. En revanche, l’origine géographique du tango est bien connue puisqu’il s’agit du Rio de la Plata, c’est-à-dire l’estuaire formé par les fleuves Uruguay et Parana dont on reconnaît très facilement l’influence musicale. La ville reine, où s’est réellement développé le tango reste néanmoins incontestablement Buenos Aires, et plus spécifiquement ses bas quartiers. La chanson « La Coqueta » est la première  à avoir été désignée par le terme tango dans la presse écrite argentine en 1866. Toutefois, il apparaît que le véritable premier tango à succès sera « El Merengue » dix ans plus tard. Ce dernier n’est pas sans rappeler les musiques africaines des communautés noires qui étaient, à l’époque, esclavagisées par les colons européens. Le premier compositeur à avoir enregistré une partition de tango, Rosendo Mendibazal, faisait d’ailleurs partie de cette communauté afro-américaine, étonnant non ?

À l’origine du tango dansé : un métissage entre blancs et noirs

Au début du XIXème siècle, beaucoup de populations africaines, victimes du commerce triangulaire vivent en Argentine. Se confrontent alors deux univers : celui des maîtres européens (comme on dit en Amérique Latine : « Les Mexicains descendent des Aztèques, Les Péruviens descendent des Incas, et les Argentins descendent… du bateau. ») qui ont importé avec eux leurs danses de salon : Polka, Mazurka, ou encore valse et celui des esclaves noires pour qui la danse est un moyen d’expression artistique important face à la tyrannie des maîtres. Découvrant ces étranges danses de couples, les populations noires commencent rapidement à les reprendre en y incorporant des pas et des techniques de leurs danses traditionnelles. Les maîtres européens, pour se moquer de leurs esclaves ont alors commencé à singer ces curieuses danses, formées de l’union de deux cultures frontalement opposée. S’ils avaient su que le résultat serait, en 2014 inscrit au patrimoine immatériel mondial de l’UNESCO et serait l’un des symboles de l’Argentine !

Selon beaucoup d’experts, l’origine même du terme de « tango », provient très certainement de cette époque coloniale : En langue kongo, tango signifie un lieu sacré où l’on danse, puis par extension, les tambours utilisés pour la musique. Le tango est aussi le nom du lieu dans lequel les négriers parquaient leurs esclaves. Le développement du tango s’est donc fait par un jeu de ping pong entre les communautés blanches et noires d’Amérique Latine, et cela est visible jusque dans l’origine du terme « tango ».

El Cachafaz, considéré comme le meilleur danseur de tango de tous les temps – wikipedia

Le tango, une arme de séduction ?

De ces singeries, le tango commence progressivement à naître comme une véritable danse, dans les bas-fonds de la société porteña, dans un premier temps, au début du XXème siècle. Il se transforme même en arme de séduction pour les hommes. En effet, à cette époque de colonisation, les femmes se font rares en Argentine (1/3 de la population seulement), les hommes s’entraînent donc à danser le tango entre eux. Le but du tango pour ces hommes est de parvenir à séduire les femmes, et plus spécifiquement les courtisanes qui à l’époque, sont les seules femmes à accepter cette danse que la majorité des gens trouvent dégradante et vulgaire. Dans les bordels de l’époque, les hommes doivent donc acheter des jetons de passe. Chaque jeton laisse droit à un tango avec une prostitué qui, par la suite, choisit parmi les danseurs celle qu’elle veut récompenser en lui offrant un moment intime. Vous comprendrez donc l’importance pour les hommes de s’exercer entre eux ! (On parle même plus souvent de milonga que de tango à l’époque, même si progressivement, la milonga va changer de sens pour se rapporter au lieu où l’on danse et le tango va devenir le terme désignant la danse)

Des hommes s’exerçant dans les rue de Buenos Aires avant une soirée – wikipedia

Ce style de tango originel était bien plus insolent et provocateur que le tango dansé aujourd’hui même si certains danseurs contemporains se revendiquent encore de ce tango appelé tango canyengue.

Et si le tango partait visiter Paris ?…

Eh oui, c’est dans la capitale française que le tango va rencontrer son destin. Au début du XXème siècle, le tango commence à être adopté par les jeunes hommes des hautes familles qui souhaitent s’encanailler et séduire facilement. Toutefois, il leur est impossible de danser avec les femmes de leur milieu et c’est pendant leurs voyages initiatiques à Paris que ces jeunes hommes vont exporter cette danse. Dans la capitale culturelle européenne de l’époque, le tango est très vite apprécié, adopté puis devient le top de la mode. On danse le tango partout, son caractère un peu provocateur fait fureur et la danse gagne ainsi sa réputation. Bénéficiant de cette aura parisienne et européenne, le tango retourne en Argentine et en Uruguay où il finit par être accepté par les hautes classes de la société. Nouvel aller-retour culturel pour le tango donc, d’abord des blancs aux noirs et maintenant des Américains aux Européens.

Suite à cela et concomitamment  à la crise de 29, le tango disparaît progressivement en Europe où il est intégré aux danses de salon traditionnelles.

Au contraire, il continue à perdurer et à se développer dans la région du Rio de la Plata : Nous arrivons à l‘âge d’or du tango, dans les années 40 et 50. Avec des chefs d’orchestre comme le célèbre Anibal Troilo, on compte plus de 600 orchestres de tango qui tourne en permanence à travers l’Argentine. Le chef d’orchestre Francisco Canaro serait même l’artiste ayant enregistré le plus de disques de tous les temps.

Le célèbre compositeur Anibal Troilo – wikipedia

Le tango démodé ?

Malheureusement, la mode du tango commence  sérieusement à décliner à partir des années 60. Les jeunes découvrent le rock’n’roll, les Beatles monopolisent la scène musicale mondiale et la dictature militaire commence à enflammer le pays. Le tango subit tout cela et semble sombrer progressivement dans l’oubli… Ses belles années sont terminées…

Pas si sûr…

Un show de tango à Buenos Aires – wikipedia

En effet, on dit souvent que le tango a « sauté une génération ». À partir des années 1990, avec la fin de la dictature militaire, le tango revient sur le devant de la scène. L’instigateur de cette renaissance ? Un spectacle : Tango Argentino. Ce spectacle, après avoir connu un étonnant succès à Paris se lance dans une tournée dans toute l’Europe. Tous les danseurs redécouvrent avec étonnement ce qui fait l’essence du tango dit « argentin » qui s’était progressivement délayé en Europe avec les autres danses de salon pour donner le tango de salon. Improvisation, connexion entre les danseurs, création, le tango est impossible à saisir car chaque danseur en fait ce qu’il veut et le renouvelle en permanence. Fascinant de nouveau, le tango renaît de ses cendres en Europe et en Argentine. Les milongas, les bals et les spectacles fleurissent un peu partout. Buenos Aires gagne un rayonnement impressionnant : tout amateur de tango rêve d’y voyager pour découvrir une authentique milonga et étudier à l’Académie de Tango de Buenos Aires.  Le métier de professeur de tango devient également très populaire en Argentine car il ouvre facilement les portes de l’Europe, friande de professeurs natifs de la capitale du tango.

L’ouverture du tango

Ces années de liesse que nous vivons encore aujourd’hui permettent, enfin, au tango de se moderniser. L’univers de la milonga lui-même change peu à peu. Il n’y a encore pas si longtemps que ça, la milonga était un univers très traditionnel, fermé, voire intolérant. Une tanda (une danse) entre hommes ou entre femmes était par exemple impensable, interdisant aux homosexuels de danser en couple par exemple. De même, les habitués des milongas ne toléraient pas les débutants ou les gens dont l’habillement étaient impropres (beaucoup de milongueros avaient effectivement des vêtement spéciaux pour la milonga). À tel point que si un débutant était repéré par les autres couples, tous se mettaient à l’encercler et à le serrer de plus en plus pour lui donner le moins d’espace possible. À la fin de la tanda, tout le monde fixaient alors le danseur « fautif », qui n’avait d’autre choix que de quitter la piste.

Aujourd’hui, l’ambiance a bien évolué : Si dans certaines milongas, des danseurs sont parfois agacés par les débutants qui les gênent, la plupart des tangueros sont, au contraire, enchantés de voir de nouvelles recrues. D’autre part, le tango queer a littéralement révolutionné le tango. Originellement destiné à permettre aux homosexuels à danser entre eux, il a fini par créer un nouveau type de tango ou les deux membres du couple s’alternent pour mener ou suivre la danse. Et l’aventure du tango continue à se faire écrire chaque jour !

Aller, concluons cet article de la seule manière possible : en vidéo avec les champions du monde 2014 de tango escenario (la version plus acrobatique du tango) : Manuela Rosi et Juan Malizia Gatti, des porteños bien sûr, dansant dans l’atmosphère intimiste de la Bicicleta !

Image de prévisualisation YouTube

Vous voilà éclairer sur les grandes lignes de l’histoire du tango ! Reste plus qu’à vous ruer vers une milonga pour prendre vos premiers cours ! Attention cependant, cette danse est hautement addictive, vous voilà prévenus ! ;)

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Portrait d’Argentine : Ricardo Darín, la star du cinéma argentin

Ricardo Darín, l’acteur porteño, ne cesse de faire parler de lui depuis des années. D’ailleurs, il n’est pas seulement acteur. Le bellâtre est aussi réalisateur et scénariste. Ses rôles dans des films tels que Nueve Reinas (Les Neuf Reines), El Secreto de sus Ojos (Dans ses yeux, Oscar du meilleur film en langue étrangère), ou encore Luna de Avellaneda l’ont propulsé parmi les acteurs argentins les plus bankables. Plus récemment, vous l’avez sans doute remarqué à l’affiche du très bon Relatos Salvajes, où il incarne un père de famille dans l’une des histoires courtes.

Photo : Casa de América

Petite biographie de Ricardo Darín

Né à Buenos Aires le 16 janvier 1957, Ricardo grandit dans une famille très attirée par le milieu artistique et du spectacle. Il commence au théâtre jeune, à l’âge de 10 ans, sans ne jamais avoir pris de cours. Mais le petit a travaillé dur! Par la suite, l’acteur gagne en notoriété grâce à ses rôle dans des telenovelas argentines. Mais il semble qu’il préfère l’univers du théâtre à celui de la télévision et fait partie de groupe des « Galancitos« , bande de jeunes qui sont passés des telenovelas au théâtre. Ce groupe de jeunes artistes connaît une gloire sans nom dans tout le pays. Il retourne à la télé par la suite, sans jamais arrêter le théâtre.

Le bellâtre argentin se fait petit à petit une place dans l’univers du cinéma, en apparaissant dans des films destinés au jeune public. Le Ricardo Darín que l’on connaît plus en France, l’acteur de cinéma argentin connu à travers le monde, naît grâce à Juan José Campanella, metteur en scène argentin. En effet, cette collaboration entre les deux personnages leur va bien : Darín voit sa popularité exploser suite au film El mismo amor, la misma lluvia (Le même amour, la même pluie). C’est en 2000 que la carrière de l’acteur atteint des sommets, suite à son rôle dans le fameux film Nueve Reinas. Il a aussi la nationalité espagnole, par naturalisation, depuis 2006. C’est un prix d’Espagne pour les personnes démontrant un don ou un mérite particulier dans un domaine.

Ricardo Darín (à droite) dans El secreto de sus ojos – hispacindie

Des rôles à la chaine

Dans Nueve Reinas (2000), il joue le rôle de Marcos, un petit arnaqueur sans envergure, qui travaille de paire avec Juan. Les deux compères se rencontrent alors qu’ils essayent de faire le même braquage, et décident de travailler ensemble pour voler une planche de neuf timbres rares, les « nueve reinas« .

Dans El hijo de la novia (Le fils de la mariée), sorti en 2004, il joue le rôle du héro, Rafael Belvedere, qui se retrouve dépassé par les événements lorsqu’il reprend le restaurant de son père Nino. Sa vie sentimentale a peu de sens : après s’être fait quitter par sa femme, il se demande s’il doit s’engager avec sa nouvelle petite amie. Ce film sera nominé dans la catégorie Meilleur film étranger aux Oscars de 2012.

En 2009, il obtient le rôle principal dans El Secreto de sus Ojos (Dans ses yeux), drame dans lequel il incarne un inspecteur de police, Benjamin Esposito, dans une affaire qui n’aura jamais été résolue et classée : le violent meurtre d’une jeune femme à Buenos Aires. 25 ans après que le crime ait été commis, il décide d’en écrire un roman, obsédé par cette affaire. Ce film remportera l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.

En 2011, on le voit à l’affiche de Un cuento chino (El Chino), comédie à succès. Il y joue le rôle d’un argentin, Roberto, quincailler maniaque et grincheux, qui recueille un chinois, Juan, débarqué fraîchement en Argentine et qui ne connaît pas un mot d’espagnol. Ce film est un enchainement de coïncidences et sitations absurdes.

En 2012, il incarne le rôle de Julián dans Elefante Blanco. Le film se passe dans le « bidonville de la Vierge », dans la banlieue de Buenos Aires. Julián et Nicolas, deux prêtres et amis ont pour but d’aider les plus défavorisés. Ils décident de superviser la construction d’un hôpital, qui sera bloquée par le ministère. Avec des tensions grandissantes entre les cartels, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase…

En 2014, il joue le rôle d’un père de famille à qui il arrive une succession de poisses dans une des histoires courtes de Relatos Salvajes, de Damián Szifron. 

Ricardo et  les principaux protagonistes de Relatos Salvajes – radiorock.uy

Une reconnaissance nationale et internationale

Ricardo Darín a été nommé Citoyen illustre de la ville de Buenos Aires en 2011. Il a été élu meilleur acteur principal dans de nombreux films, tels que El mismo amor, la misma lluvia, Nueve Reinas, El secreto de sus ojos et El aura. Il s’est également vu récompensé du Prix Konex d’argent et d’or du Meilleur acteur de cinéma de la décennie (2001 – 2010) en 2011. Il a aussi été nominé pour le Prix Goya de la Meilleure interprétation masculine dans El secreto de sus ojos (2009). Il a remporté de nombreux autres prix relevant du monde du cinéma. Il a aussi sû se distinguer au théâtre, la preuve en est de l’ACE Award du Meilleur Acteur qui lui a été décerné en 1996 et le Prix du Meilleur comédien dramatique Carlos Paz pour « Art » de Yasmina Reza (2001).

Et vous, quel film avez-vous préféré de Ricardo Darín?

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À la Une de Clarín, La Nación et Pagina12 ce 28 octobre– Actualité

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Insolite : Epecuén, la ville fantôme d’Argentine

Epecuén, petite ville touristique en son temps, est située à 550 Km au Sud-Ouest de Buenos Aires. La station balnéaire de 1 500 âmes était bordée par un lac salé et attirait près de 25 000 touristes tous les ans. Elle faisait grande concurrence à Mar del Plata.

Source – Photo : dr_pablogonzalez

Epecuén, une station balnéaire en vogue depuis les années 20

A l’âge d’or de l’Argentine, la ville attirait les touristes venus de la capitale grâce à ses eaux dix fois plus salées que la mer. Ainsi, de nombreuses personnes faisant partie de la communauté juive du pays s’y rendaient, car cela leur rappelait la Mer Morte en Israël. D’autre part, les eaux extrêmement salées de la station balnéaire auraient également des propriétés curatives qui ont contribué à la réputation de la petite ville. Cancer, arthrite, rien n’échappe au fango : le remède contenu au fond des eaux salées d’Epecuén (En Mapuche, Epe Cuen signifierait d’ailleurs la brûlure laissée par le sel sur la peau). Face à cet incroyable succès, la ville s’équipe très rapidement de nombreux hôtels, discothèques, boutiques, restaurant et même un petit château (de style français).

Une crue sans précédent

En novembre 1985, une forte tempête et de nombreuses précipitations eurent pour conséquence l’arrivée de l’eau à Epecuén. Le niveau du lac monta de 10 mètres, inondant et submergeant ainsi toutes les maisons, et forçant les habitants à fuir. La ville a été désertée en deux jours, après que l’espoir que l’eau ne se retire se soit éteint. Bon nombre d’entre eux se sont dirigés vers la ville la plus proche, Carhué. La catastrophe était prévue : un plan de canalisation devait être mis en place pour limiter la montée des eaux mais l’instabilité politique des années 70 puis la dictature militaire gelèrent le projet et condamnèrent la ville. Aucun mort ne fut à déplorer mais les habitants de la petite ville perdirent tout ce jour-là et durent apprendre à vivre dans la ville de Carhué dont la principale activité était l’agriculture après de nombreuses années à vivre du tourisme dans leur chère Epecuén.

Une ville fantôme

Photo aérienne de la ville – amusingplanet

Pendant près de 30 ans, l’eau n’a pas bougé puis, peu à peu, suite aux changements climatiques des dernières années, l’eau s’est retirée pour laisser place à un surprenant spectacle : une véritable « ville fantôme« . Rien n’a été reconstruit, mais tout a été gardé en l’état afin d’en faire une attraction pour les touristes assez courageux pour conduire sur piste pendant plus de 6 heures en partant de Buenos Aires. Le spectacle est impressionnant : restes de voitures et de meubles oxydés, escaliers qui ne mènent nulle part, paysage apocalyptique, arbres d’un blanc fantomatique suite à la morsure prolongée du sel. La nature a repris le dessus sur les constructions des hommes, exposées pendant 25 ans aux éléments. Vous pourrez constater cela sur le site du photographe Romain Veillon ici !

Comparaison entre une photo des années 70 et aujourd’hui, édifiant… – amusingplanet

Anecdote : un homme, Pablo Novak, aujourd’hui octogénaire, a refusé de quitter sa ville et vit encore aux abords de la cité fantôme. Il aime raconter que son père disait souvent que la nature reprendrait son droit, mais assure qu’il a toujours su que l’eau finirait par lui rendre sa ville bien-aimée. Après 30 ans de patiente contemplation, l’histoire lui a finalement donné raison. Aujourd’hui, Pablo est le seul habitant de la ville, vous pourrez l’y apercevoir pendant l’une des ses quotidiennes balades à vélo dans la ville fantôme.

La vie solitaire ne dérange pas Pablo, bien au contraire – amusingplanet

Voici une vidéo dans laquelle il parle de ses souvenirs et de sa vie :

Que vous souhaitiez vous faire une frayeur, méditer sur la relation entre l’homme et la nature, ou tout simplement partir y vivre seul avec Pablo, Epecuén mérite d’être vue et offre un spectacle qui fait réfléchir. Attention cependant, seuls les plus courageux y parviendront, car six heures de voiture sur pistes sont nécessaires pour y parvenir depuis Buenos Aires.

Pour toute information complémentaire sur cette excursion inhabituelle, contactez l’Agence Equinoxe, spécialiste de vos voyages sur mesure.

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